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En 2016, l’exposition Ceramix marque la prise en compte de la céramique par l’art contemporain mais déclenche la polémique entre les amis de la poterie et les amis de l’art.

Ceramix à Maastricht

publié le 10 février 2026.

L’exposition Ceramix, la céramique dans l’art de Rodin à Schütte,  a été un tournant majeur pour la compréhension et la perception de la Céramique. L’ambition des commissaires, Camille Morineau et Lucia Pesapane, était d’écrire l’histoire de la céramique dans l’art des 20e et 21e siècles et d’en donner leur interprétation. L’exposition a été présentée, d’abord, au musée Bonnefanten à Maastricht  du 15 octobre 2015 au 5 février 2016 au musée Bonnefanten. Elle bénéficiait des magnifiques espaces de salles toutes au même niveau d’un immense plateau, ce qui permettait d’en avoir un vue globale, d’emblée. A Paris, elle était répartie en deux lieux, le musée national de Céramique de Sèvres du 9 mars au 12 juin 2016  et la Maison Rouge du 9 mars au 5 juin 2016. Il faut remercier Antoine de Galbert, fondateur de la Maison Rouge et collectionneur éclectique de l’avoir accueillie mais il faut regretter que le Centre Pompidou n’ait pas su comprendre son importance et ne lui ait pas accordé l’hommage qu’elle méritait

Le domaine analysé par l’exposition est mondial et la période, du milieu du 19 siècle à nos jours. Les artistes mis en avant relèvent du monde de l’art, soit ils sont reconnus à l’origine comme peintres ou sculpteurs, comme Paul Gauguin Pablo Picasso, Lucio Fontana ou Antoni Tapiès soit ils sont présentés dans la galeries d’art contemporain comme Johan Creten ou Elsa Sahal. Mais les céramistes, notamment français, qui viennent des circuits céramistes ne figurent pas dans l’exposition, comme Claude Champy ou Camille Virot ne sont pas du tout représenté. Ce qui condtuit une partie des amateurs de céramique à considérer que l’exposition, tout simplement, ne porte pas sur la céramique.

Cette controverse révéla deux approches qui s’opposaient. La première défend le métier, la primauté donné au travail de la main, l’authenticité du céramiste d’atelier et s’inscrit en résistance à l’art contemporain qui privilégierait le discours au détriment du savoir-faire. La deuxième considère, au contraire, que le reconnaissance de la céramique passe par son appropriation par le monde de l’art et que cette évolution est une chance historique. Les tenants de cette approche sont convaincus que l’intention prime la technique et que sont artistes, les céramistes qui ont un projet d’incarnation d’une idée ou d’une image et une sensibilité leur permettant de métamorphoser le réel ou de donner leur vision du monde, ceux qui créent un univers de formes nouvelles ou le traitement nouveau de formes canoniques.

Le débat reste ouvert J’aurais l’occasion d’y revenir. Je serais heureux de l’avis des lecteurs.

En attendant, je joins ici les articles que j’avais publiés dans la Revue de la Céramique et du Verre en janvier 2016 ( version maquettée) et mai 2016 ( le texte initial)

 

 

 

 

Ceramix avec Trockel, Jamie, Appel, Fontana photo Peter Cox
Ceramix avec Trockel, Jamie, Appel, Fontana photo Peter Cox

 

Ceramix avec Trockel, Jamie, Appel, Fontana photo Peter Cox
Ceramix avec Trockel, Jamie, Appel, Fontana photo Peter Cox

 

Ceramix Viola Frey Photo Peter Cox
Ceramix Viola Frey Photo Peter Cox

Bernard Bachelier