Exposition Marginalia Fabulae, Théo Ouaki s’inspire des manuscrits médiévaux pour modeler des créatures qui dialoguent avec l’imagerie contemporaine
publié le 25 mars 2026.
Theo Ouaki / Galerie La Peau De l’Ours 55 rue Emile Claus 1050 Ixelles Belgique jusqu’au 25 avril 2026

Ses œuvres révèlent un imaginaire flamboyant inventant des formes, et surtout rapprochant, de façon inattendue, des images du monde contemporain, des références historiques et des symboles de cultures populaires captés lors de ses nombreuses résidences à l’étranger. Sa palette est constituée de couleurs vives avec beaucoup de bleus souvent pales, de jaunes et d’orangés évoquant la joie de vivre, l’ironie, les voyages lointains. Le modelage pourrait faire penser à l’art populaire par le refus de finitions apprêtées. Mais la complexité des compositions montre qu’elles sont très pensées et qu’elles résultent d’une réflexion et d’une recherche approfondies.
Théo Ouaki est sculpteur céramiste
Il a été accueilli en résidence par Louis Lefebvre.
Le texte de Théo Ouaki
Les marginalia désignent les figures et annotations qui, au Moyen Âge, occupaient les marges des manuscrits. Loin d’être décoratives, elles constituaient un espace de lecture parallèle, mobilisant symboles, croyances et récits secondaires pour commenter le monde depuis ses bords, en marge du texte central.
Avec Marginalia Fabulae, je réactive ce principe de lecture latérale afin d’appréhender la masse et la vie quotidienne contemporaines, envisagées comme des ensembles traversés par des réseaux de signes et de structures symboliques. L’exposition réunit exclusivement des sculptures en céramique, hauts-reliefs muraux et figures en ronde-bosse, conçues comme des annotations matérielles du réel.
Les hauts-reliefs se développent sous forme de surfaces denses et compartimentées, évoquant des systèmes d’organisation et de circulation. Les figures en ronde-bosse prolongent cette logique : bien que détachées du mur, elles apparaissent elles aussi prises dans des structures qui excèdent l’individu. L’ensemble compose un vocabulaire plastique fondé sur l’hybridité, la prolifération et l’imbrication des corps et des formes.
Le grotesque et la fabulation, hérités des marginalia médiévales, produisent ici un langage symbolique ouvert. La superstition y est abordée comme un mode de pensée par résonance, sans présage ni interprétation univoque, laissant au regard la liberté de circuler entre les signes.
Entièrement réalisées en céramique, les œuvres inscrivent cette fabulation dans une matière archaïque et irréversible, historiquement liée à l’usage et au rituel. Marquée par le geste et l’accident, la terre cuite confère aux formes une dimension presque talismanique, où le symbolique se fixe sans jamais se refermer.
Marginalia Fabulae propose ainsi une lecture latérale du présent, où la marge devient un espace actif de production de sens, révélant les structures symboliques qui traversent le quotidien.
Ces formes prennent corps dans une pratique quotidienne de l’atelier, nourrie par la répétition des gestes, l’attention portée aux récits mineurs et aux signes discrets qui persistent à la lisière du visible.
Theo Ouaki

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