Edito du 8 avril 2026 : la vie en continu

Quelques lignes pour préciser le fonctionnement du blog. Comme je l’ai dit, le blog comprend un site et une newsletter. La newsletter reprend les cinq articles les plus récents, correspondant d’ailleurs à la page d’accueil. Or, je mets en ligne de nouveaux articles, en continu, sur le site en fonction des actualités et de réflexions éclairant l’histoire ou la compréhension de l’art céramique. La newsletter n’a pas de périodicité fixe. Ce qui veut dire que le lecteur trouve sur le site de nouveaux articles qui ont été intégrés entre deux envois de la newsletter. Je rappelle que le blog tient compte des actualités mais il n’est pas un média d’actualités. Il n’est pas conçu pour rendre compte des événements du monde céramique. Le blog est sélectif et indépendant, ce qui l’éloigne de toute approche systématique. Il cherche à saisir ce qui donne un sens à la vie du monde céramique.

Suivre la vie du monde céramique, c’est suivre des chemins, des pistes et des fils. L’exposition de la galerie Louis Lefebvre & fils, réunissait des artistes que nous avions découverts séparément. Les voir ensemble montrait la cohérence des choix. On reparlera de cette esthétique car Louis Lefebvre prête des œuvres pour l’exposition Barok que le Centre Céramique de Giroussens ouvrira le 17 avril. De son coté, Théo Ouaki, un des praticiens accueillis en résidence, a la chance d’exposer ses sculptures, animées d’images de la vie actuelle, dans la galerie la Peau de l’Ours à Bruxelles. Lors du vernissage des Energies de la Terre à Limoges, nous avions été fascinés par la façon dont le sculpteur togolais, Kokou Ferdinand Makouvia faisait vivre son totem organique en se glissant à l’intérieur devenant liane ou lymphe. Il inaugure le nouveau lieu de la galerie Vincent Sator et donne ainsi l’occasion aux parisiens qui ne sont pas allés à Limoges de faire sa connaissance. Enfin, dans un registre plus familier, il est encore temps d’aller voir à Giroussens – finissage dimanche 12 avril – la grande exposition d’œuvres récentes de Pascal Geoffroy, connu pour l’émail shino et la cuisson au bois. Il a réalisé une série de grandes boules nommées Météorites qui font référence aux Concetto Spaziale, Natura de Lucio Fontana qui l’avaient impressionné lors de l’exposition du musée Soulages à Rodez, prouvant ainsi la fécondité du dialogue entre céramistes et plasticiens et le rôle essentiel des musées. A ce propos, on ne peut passer sous silence, la réussite de la présentation d’œuvres de Bernard Dejonghe face aux toiles de Soulages.

Bernard Bachelier

Edito du 26 février 2026 : Johan Tahon expose à Paris. Pourquoi est-ce un événement ?

Johan Tahon 2016

Johan Tahon est sculpteur, sculpteur de céramique. L’argile est son matériau de prédilection, quasi exclusif à l’exception d’œuvres de grandes dimensions en bronze pour l’extérieur. J’ai découvert Johan et son œuvre en 2016 à l’occasion d’une exposition à Paris dans la galerie Dukan. J’ai eu l’impression de rencontrer une famille tant son univers est cohérent. En 2019, la visite que lui a consacrée le musée Ariana de Genève en 2019 m’a convaincu de l’ampleur de son talent. J’ai été frappé par son intimité avec l’histoire de l’art, de la Renaissance et du Baroque, en particulier, sa fascination pour les mystiques, le subconscient et la poésie. Ses vases s’inspirent des Albarelli. Ses figures mélancoliques possèdent une profondeur psychologique que les mots ne savent pas exprimer.

2016 était l’année de l’exposition Ceramix, dans laquelle figurait d’ailleurs Johan Tahon. Ceramix a été un tournant majeur, pas seulement pour moi j’imagine. J’ai relu les articles que j’avais publiés à l’époque dans la Revue de la Céramique et du Verre. Cela m’a donné l’idée de rassembler un dossier qui fera partie de la rubrique de la documentation. La connaissance de Ceramix est indispensable à tous ceux qui souhaitent réfléchir à l’histoire récente. En ce qui me concerne, Ceramix a donné un sens nouveau à ma conception de céramique. L’exposition a prouvé la compatibilité de l’art contemporain et de la céramique. Ce fut un vent d’optimisme et de liberté. Le débat reste ouvert et je lirai avec intérêt les réactions des lecteurs de ce blog.

Retrouvons nous au vernissage de l’exposition de Johan Tahon galerie NeC jeudi 5 mars de 17h à 21h

Edito du 12 février 2026 : Pourquoi je crée ce site ?

Bernard Bachelier illustration lancement du blog

Mon objectif est de partager des points de vue, des informations, des analyses et des références historiques sur la céramique contemporaine.  Je mets l’accent sur les rapports de la céramique avec les arts, en particulier l’art contemporain, en mobilisant les apports de l’histoire de l’art, de l’esthétique et de la philosophie. Je sollicite l’aide de tous ceux qui souhaitent ouvrir la céramique au monde. Les mises en ligne partent d’actualités. Le site s’enrichira progressivement d’articles qui, conservés, devraient constituer une source de références.

Le blog comprend ce site et une newsletter qui sera diffusée périodiquement. Il est indépendant et sélectif. Le domaine concerne ce  qui se passe en ce moment. Il touche donc des artistes vivants, des acteurs du marché, centres céramiques, foires et galeries en activité, des conservateurs, des musées proposant des expositions et des historiens d’art publiant des ouvrages. Ma démarche consiste à choisir en toute indépendance les événements qui me paraissent apporter un éclairage significatif à la compréhension et à la promotion de l’art céramique . Je demande à tous ces acteurs leur bienveillance, leur disponibilité et leur soutien. En effet,le blog n’est pas conçu pour être le porte parole de quelque entité que ce soit et ne peut diffuser des annonces systématiquement. Mon projet est de le gérer seul, si j’y arrive dans la durée. Ce qui exige une grande sélectivité.  C’est pourquoi, je demande aussi à ces acteurs du monde céramique, leur compréhension. Cette sélection concerne les sujets choisis. En revanche, le blog s’adresse à tous les lecteurs qui souhaitent s’informer sur la céramique. Ce qui exige des textes lisibles par tous mais aussi un effort de contextualisation pour situer les événements dans la perspective historique de l’évolution de la céramique.

Ma démarche vise à privilégier ce qui, dans la création céramique, relève de l’art. Ou, pour le dire autrement, les arguments favorisant la prise en compte de la céramique comme un art à part entière. Le sujet est vaste, les définitions sont flottantes et chacun a sa propre interprétation. J’essaierai de développer cette question dans l’avenir. Je voudrais ici préciser que je n’ai pas l’intention de proclamer ce qui est de l’art. Mais l’observation permet de détecter des critères de reconnaissance qui ne me sont pas propres, comme les expositions muséales, les bibliographies, les historiens d’art, les galeries d’art contemporain. Aucun de ces critères ne donne, seul, une garantie. La notoriété est toujours surdéterminée par le goût de l’époque. Mais le suivi dans la durée et les environnements au sein desquels se déploient les œuvres, apportent une indication précieuse.

Ainsi les premiers exemples illustrent mon objectif. En accueillant Bernard Dejonghe, un des plus importants céramistes de sa génération face à un des plus grands peintres du XXe siècle, le musée Soulages nous invite à méditer à l’équivalence des arts. L’exposition des Énergies de la Terre à Limoges est conçue comme un réflexion globale dans le temps et l’espace qui rapproche des œuvres d’origine et de statuts divers sans hiérarchie. Claudi Casanovas, le sculpteur céramiste catalan a créé de nouvelles formes qui nous ont impressionnés. Découvrant ces œuvres, Arnauld de L’Epine a pensé à l’Angelus Novus de Paul Klee. Autre exemple, j’ai découvert à l’occasion d’une récente exposition à la galerie Diane de Polignac que la sculptrice d’origine polonaise, Maria Papa Rostkowska, spécialiste du marbre, était passée par Albisola où elle a travaillé la terre à coté de Lucio Fontana. Ces exemples témoignent de la fluidité des arts.

Ce site part d’une démarche personnelle mais il est ouvert aux contributions qui permettront de l’enrichir  et soutenir la démarche ou d’apporter la contradiction aux partis pris ou aux hypothèses.