Au musée Bernard Palissy à Saint-Avit, l’exposition Résonances présente une stimulante sélection de Gisèle Buthod-Garçon et de Brigitte Marionneau

musée Bernard Palissy Saint-Avit exposition 2026 affiche
musée Bernard Palissy Saint-Avit exposition 2026 affiche

publié le 5 juin 2026.

23 mai 4 octobre 2026 Résonances Musée Bernard Palissy Saint-Avit 47150 La Capelle-Biron

C’est l’occasion de revenir sur la singularité et le talent de Gisèle Buthod-Garçon. Elle a consacré toute sa vie à l’exploration du raku américain, offrant ainsi un exemple de la fidélité à une technique exclusive. Or, son œuvre montre une exceptionnelle amplitude de créations. Ce qui compte c’est l’artiste. On découvre des sculptures se déployant par séries. On oublie le raku pour ne voir que les formes et leur portée symbolique.

Il faut néanmoins dire un mot du raku américain. Le raku, en tant que technique ( il est au Japon aussi une esthétique et une dynastie de potiers, mais je ne parlerai ici que des processus) arrive en Europe par deux voies, le passage par l’Angleterre, Bernard Leach et son ouvrage A Potter’s Book qui servit de référence à Camille Virot et la médiation américaine introduite en France par Paul Soldner ( 1921 2011 ) . Paul Soldner en fit la démonstration lors d’un symposium resté célèbre, en 1981, à Aix-en-Provence, qui fascina Gisèle Buthod-Garçon, jeune céramiste cherchant sa voie. Le raku est une technique de cuisson rapide avec défournement à chaud. Il existe de nombreuses façon de l’interpréter. Gisèle Buthod-Garçon s’inscrit dans la filiation de Soldner, Elle utilise des terres réfractaires, constituées de grès, de faïence et de chamotte, capables de résister au choc thermique. Elle cuit au gaz autour de 1000 °C En général, la deuxième et la troisième cuisson sont consacrées à l’émaillage. Le défournement de la troisième cuisson vers 900 °C est suivi d’un enfumage dans des bassines d’herbes.

Cet aperçu ne rend pas compte de la qualité des œuvres. Celle-ci résulte d’une recherche de formes , de leur incarnation dans la matière «  je dessine énormément, mais dès une chose apparaît et me plaît j’ai envie de la traduire en trois dimensions » ( interview dans Gisèle Buthod Garçon Réminiscences La Revue de la Céramique et du Verre 2013) et d’émaillages auxquels l’artiste consacre une grande attention «  comment un bel émail va-t-il révéler la forme dans toutes ses dimensions, la valoriser colle une robe sur une femme ? «  (idem) . La palette de Gisèle Buthod-Garçon va des blancs aux noirs en passant par des déclinaisons de gris et de discrètes touches de couleurs comme les verts. Les surfaces peuvent être lisses, presque polies, rugueuses ou accidentées. La qualité des œuvres provient de l’accord de la formes, de la surface et de l’ émail . «  Au fond, j’ai le désir de faire en basse température des choses qui se font à 1 300°C » (idem)

Gisèle Buthod- Garçon a réalisé des bols, des vases et des jarres, dans une première partie de son parcours, des contenants donc mais jamais d’utilitaire. Elle est passé à la sculpture, travaillée à la plaque et par modelage depuis plus de 20 ans. Elle appartient donc à cette grande génération de céramistes ayant libéré les formes. Ses références se trouvent dans la peintures et la sculpture abstraites et en Afrique. Dans ses œuvres, les détails figuratifs sont rares. En revanche, les formes évoquent la nature, D’après Nature, Ondulations, ou le corps humain, Carrure, Silhouette. D’autres titres comme Rêverieou Vie Intérieure renvoient aux états de l’âme. Mais au fond toute l’œuvre de Gisèle est une extraction spirituelle de la matière.

 

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Brigitte Marionneau

Je suggère de lire l’interview  de Brigitte Marionneau dans l’ouvrage qui lui est consacré et porte son nom en titre éditions lelivredart 2024

« Pour la dernière série « Camera obscura, m’est revenu en mémoire l’œuvre monumentale de Gustave Deutsch vue en 2014 sur l’île d’Egine… Un observatoire de sept mètres de diamètre avec douze trous dans toutes les directions pour produire une image à 360 degrés du paysage sur des plaques photographiques.

Mes dernières sculptures « Camera obscura » font référence à la cuve d’enfumage cylindrique qui ressemble à une chambre noire par son dépôt de suie qui tapisse l’intérieur de la paroi. »